On a parlé de nous… ou Paroles de CESF


ASH n° 2839 du 27/12/2013

Blessures de l'homophie
Le travail social auprès des victimes d'homophobie. Questionnement identitaire, lien familial, insertion
Frédéric Gal – Ed. ASH, 2013

Les débats relatifs au mariage pour tous en témoignent éloquemment : l'homosexualité est encore souvent une réalité stigmatisée. Au vu de la réaction d'une mère de jeune adulte rapportée au début de cet ouvrage – « Si j'avais su que tu étais pédé, j'aurais avorté » –, on constate que la violence du rejet peut ne pas être moindre dans le milieu familial. Face à cette homophobie aux conséquences désastreuses, « l'accompagnement social prend toute sa place », souligne Frédéric Gal, directeur général du Refuge, association créée en 2003 pour lutter contre l'isolement et l'exclusion des 18-25 ans homosexuels et transsexuels. C'est cet accompagnement complexe que l'auteur détaille dans cet ouvrage. Les jeunes en rupture familiale et en situation de précarité hébergés par le Refuge à Montpellier, à Paris, à Marseille, à Lyon et à Toulouse – une centaine en 2012 – ont un certain nombre de traits communs : ce sont près de neuf fois sur dix des garçons, qui ont souvent connu la violence intrafamiliale et un parcours en protection de l'enfance. Au Refuge, ils bénéficient d'une prise en charge éducative soutenue, mise en œuvre par des professionnels (CESF et psychologues) et des bénévoles aux compétences variées, formés à l'écoute et aux problématiques liées à l'homosexualité. Cette prise en charge est courte (un à six mois) et étroitement réglementée – avec des sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion définitive. Il s'agit d'un cadre « à la fois sécurisant pour des jeunes à qui les repères font défaut et assez strict pour pousser un jeune à partir du Refuge une fois son autonomie revenue », commente l'auteur.

ASH n° 2836 du 6-12-2103

La course aux contrats précaires

En Franche-Comté, l'insertion des jeunes travailleurs sociaux se dégrade et la précarité prend de l'ampleur. Au point que certains se demandent pourquoi les organismes de formation accueillent encore autant de personnes chaque année.

ASH du 6-12-2013

Vivre et travailler... loin du pays

Terre d'élection du travail social, la Bretagne connaît, elle aussi, des tensions sur le marché de l'emploi. Dans les grandes villes et sur la côte, les postes en CDI deviennent une denrée rare. En particulier pour les éducateurs, parfois obligés de partir dans d'autres régions.

ASH n° 2836 du 6-12-2013

Le prix à payer de l'eldorado


Certes, l'insertion professionnelle y est plus rapide et l'offre plus riche qu'ailleurs. Mais l'Ile-de-France n'est pas tout à fait la terre promise qu'imaginent les jeunes travailleurs sociaux. En cause, principalement : des conditions d'emploi pénalisantes compte tenu du coût de la vie.

ASH n° 2836 du 6-12-2013

Travail social : la quête du premier emploi


Pour les jeunes travailleurs sociaux, trouver un premier poste a longtemps été une simple formalité. Si le secteur reste créateur d'emplois, la période semble pourtant moins faste et les nouveaux diplômés peinent parfois à s'insérer. Pour en avoir le cœur net, les ASH ont enquêté dans trois régions : la Franche-Comté, la Bretagne et l'Ile-de-France.

ASH n° 2811 du 24/05/2013

Marie Marty, "Les ingrédients de l’éducatif"

"Depuis cinq ans, un groupement alsacien d’IME et d’ITEP organise un concours de cuisine ouvert à de jeunes déficients mentaux et auditifs. Un moyen d’améliorer leur confiance en eux et de préparer leur avenir, mais aussi de favoriser les échanges entre professionnels."

Parole de CESF :

"Selon Christine Gandrieau, CESF, enseigne technique, le concours "permet de développer des prérequis professionnels, une rigueur dans l’organisation, une endurance, des techniques. Pendant le concours, cette pratique est mise en situation. C’est plus facile ensuite de trouver un terrain de stage. Et puis, cela lui permet de se confronter au milieu ordinaire, que beaucoup, qui n’ont qu’un parcours en institution, ne connaissent pas du tout. Il visite un "vrai" lycée, voit une "vraie" école avec beaucoup d’élèves… Et moi, je me suis prise au jeu, je suis hyper stressé. On n’a jamais assez de temps pour tout bien préparer, mais tous, nous voulons faire gagner "notre" jeune."


ASH n° 2810 du 17/05/2013

Sandra Mignot, "Triple action pour le logement"

"A Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, le Pôle insertion par l’habitat, que gère l’AMPIL, associe des compétences sociales, juridiques et techniques dans toutes ses interventions en faveur du logement des personnes précaires."

Parole de CESF :

"Les difficultés par rapport au logement sont multifactorielles, résume Florence Llucia. Elles peuvent être financières et prises en charge via des dossiers de surendettements, des aides sociales, des demandes de relogement. (…) Mais il faut aussi analyser les consommations des familles, voir comment les logements sont habités et parfois suroccupés. Ces situations contribuent à dégrader les logements, et c’est alors le technicien qui peut dire ce qui relève du mauvais usage d’un équipement ou de la responsabilité du propriétaire. (…) Il y a parfois un gros écart entre ce que nous rapportent les familles et la réalité."


ASH n° 2810 du 17/05/13

Caroline Sédrati-Dinet, "L’intervention à domicile au risque de l’intime"

"La préoccupation du secteur social et médico-social pour le sujet de l’intime n’est pas nouvelle, mais elle prend une acuité supplémentaire avec le développement de l’aide à domicile. Intervenir chez les usagers, c’est se confronter à leur espace privé. Ce qui suppose, au minimum, une vigilance par rapport aux limites à ne pas franchir."

Parole de CESF :

"Prenons le cas d’une CESF qui travaille avec des femmes africaines qui ont récupéré des choux fleurs dans l’épicerie sociale, comment Agnès Fostel, responsable de formation à l’IRTS de Franche-Comté. Plutôt que de montrer d’emblée comment cuisiner ce légume, mieux vaut qu’elle s’intéresse à leur façon de préparer le manioc pour pouvoir, ensuite, sans être intrusive, leur montrer comment s’y prendre avec le chou-fleur."

"Faire comprendre que l’on n’est pas là pour juger mais pour accompagner, autrement dit qu’on ne va pas forcément tout divulguer dans nos comptes-rendus, cela suppose du temps", explique Eliane Marroc (Présidente de France ESF) 


ASH n° 28003 du 29/03/2013

C.D., "Un certain sentiment d’impuissance"

"Travailleurs pauvres, familles mono-parentales, surendettement… Dans la circonscription d’action sociale de l’Hautil, dans le Val-d’Oise, tous les éléments d’une dégradation de la situation sociale étaient déjà en germe, mais la crise a entraîné une explosion des demandes."

Parole de CESF :

Selon Emmanuelle Ruha, "il s’agit plutôt de familles qui avaient contracté des prêts à taux évolutifs et se retrouvent à payer les mensualités les plus élevées alors que les enfants ont grandi et qu’il n’y a plus de prestations familiales, et que  l’augmentation vertigineuse des coût de l’énergie grève des budgets déjà fragiles. (…) Les intérimaires et les salariés en contrats à durée déterminée ont été les premiers à subir les effets de la crise. Ceux qui parvenaient à jongler ne s’en sortent plus." 


ASH n° 2803 du 29/03/2013

S.M., "Les signes discrets de la précarité"

"A Châteauroux, le centre communal d’action sociale ne se voit pas vraiment en première ligne face à la crise. Pourtant, les travailleurs sociaux doivent s’adapter à de nouveaux publics et s’alarment de la lente précarisation des aînés."

Parole de CESF :

"Le dispositif "précarité énergétique" du CCAS, celui par lequel Alain Escamez est arrivé alors qu’on venait de couper son alimentation en électricité et en gaz, représente l’une des portes d’entrée pour ce nouveau public. "Le travail sur ce dispositif a fait suite au décret de 2008 qui oblige les fournisseurs à signaler en mairie l’ensemble des clients en difficulté de paiement, résume Laurence Breton. La mairie s’est tournée vers nous pour savoir quoi faire et nous a finalement transmis le dossier." Le service reçoit ainsi une liste de toutes les personnes en difficulté pour le règlement de leurs factures. "Au départ, nous envoyions des courriers pour présenter notre permanence et l’aide qu’on pouvait apporter, explique Delphine Guillon. Mais peu de personnes se déplacent immédiatement. Désormais, j’essaie d’appeler systématiquement au téléphone et je propose un rendez-vous aux personnes qui ne sont pas déjà connues du conseil général." Cet accompagnement individuel budgétaire est complété par des ateliers "économies d’énergie" et "prévention des impayés". "Trop de personnes ignorent encore qu’elles peuvent bénéficier des tarifs sociaux de leur fournisseur, pointe Laurence Breton, et restreignent de façon drastique leur consommation, parfois au mépris de leur santé. Elles se chauffent avec un appareil à gasoil ou s’éclairent à la bougie." 


ASH n° 2802 du 22/03/2013

Sandra Mignot, "Le temps de trouver sa place"

"En 2012, le chantier d’insertion parisien Emmaüs Défi a lancé le projet Convergence. Objectif : proposer aux personnes très éloignées de l’emploi un accompagnement socioprofessionnel sur cinq ans, en partenariat avec les structures sociales et de soins."

Une CESF est en cours de recrutement. 


ASH n° 2798 du 22/02/2013

Mélanie Mermoz, "Un chez-soi parmi les autres"

"Le village de Sésame est l’une des premières structures spécifiquement dédiées à un public autiste adulte vieillissant. Situé dans la périphérie lyonnaise au cœur de la ville de Messimy, il accueille une quarantaine de résidents âgés de 47 à 70 ans." 


ASH n° 2795 du 1/02/2013

Eléonore Varini, Eliane Marroc, Surendettement : "il faut agir au plan de la prévention"

"Parmi les mesures relatives à l’inclusion bancaire et à la lutte contre le surendettement de son plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, le gouvernement entend renforcer la sensibilisation des travailleurs sociaux aux questions budgétaires et financières. Les CESF, qui accompagnent dans une démarche éducative et sociale globale, les personnes dans leur vie quotidienne, sont en première ligne."


ASH n° 2783 du 16/11/2012

Marie Marty, "Un équilibre à maintenir"

"Créée en 1985, la banque alimentaire du Bas-Rhin distribue chaque année 2 000 tonnes de produits aux associations de terrain. Elle a la particularité d’intégrer un chantier d’insertion qui emploie 15 personnes, associées à sa vingtaine de bénévoles réguliers."

"Marie Heckmann, présente dans la structure deux journées par semaine, rencontre régulièrement les salariés. Ses missions : identifier les problématiques périphériques à l’emploi (logement, santé, etc.) ; accompagner les salariés dans leurs démarches administratives ; participer avec les encadrants techniques à leur parcours en leur proposant des formations adaptées. Arrivée en septembre, Marie Heckmann bénéficie d’un CDD jusqu’à la fin décembre. "J’essaie de trouver des financements pour la reprendre à temps plein, souligne Coralie Tijou. La personne qui occupait son poste avant était aux 35 heures, ce qui lui permettait d’intervenir en plus auprès des associations bénéficiaires pour animer des ateliers cuisine, équilibre nutritionnel, hygiène et sécurité alimentaire, gestion de budget… Actuellement, ce sont deux bénévoles qui assurent ce travail."


ASH n° 2766 du 29/06/2012

Marie Marty, "Sur les chemins de l’emploi"

"Depuis 2009, l’Union Départementale des associations familiales de la Moselle est chargée du suivi social des bénéficiaires du RSA du département qui en ont besoin. Son "service de l’accompagnement sociale et de l’insertion" prend en charge plus de 5 000 personnes chaque année. Priorité est donnée à l’aide individuelle, mais des actions collectives sont également menées."

"Toutes les semaines, pendant un an, ces bénéficiaires se réunissent autour de Monique Langguth, l’un des 15 CESSF – 14 femmes et 1 homme – affectés par le SASI aux ateliers collectifs. Le thème, assez général, de cette action est la vie quotidienne ; "La finalité de cet atelier est de redonner aux gens les plus fragiles un peu de leurs capacités, explique la CESF. Les premières séances sont l’occasion de discuter de ce qu’est pour eux la "vie quotidienne". Et puis, en fonction des réponses, on se dirige plutôt vers telle ou telle thématique ; Rien n’est figé, on doit être souple ; En ce moment, notre projet, c’est ce potage partagé, ce qui nous permet d’aborder les questions d’alimentation, de santé, d’environnement, de budget. Surtout, il ne faut pas être scolaire, sinon on perd les gens." Les outils utilisés par Monique Langguth dans le cadre de ses premières rencontres sont multiples : des quiz ludiques, des jeux de sept familles ou des albums dits de "photolangage" (des classeurs où sont rangées des photos à propos desquelles les participants sont invités à s’exprimer). "Souvent, la photo choisie en dit long sur la personne, note la CESF. Par exemple, une femme en surpoids qui choisit une image d’assiette de pâtes posée sur un pèse-personne, ou une mère isolée qui choisit une image de couple…" Ce qui revient le plus souvent est la souffrance liée à la solitude. Toutefois, une règle est posée dès le départ : "On est là pour partager des choses, mais pas pour parler de sa vie personnelle, reprend Monique Langutth. Comme je ne suis pas psychologue, quand je sens qu’une personne est dans la détresse ou a besoin de parler, nous discutons en marge du groupe et je peux l’orienter vers un centre médico-psychologique." etc.